Pourquoi la motivation vient après l'action ?
- 2 juin
- 4 min de lecture
« Je commencerai quand je serai motivé(e)/quand j'aurai plus de temps. »

C'est probablement l'une des phrases que j'entends le plus souvent lorsqu'il s'agit de sport, d'alimentation ou de changement d'habitude.
Pourtant, cette idée repose sur une erreur fondamentale : nous croyons que la motivation est la cause de l'action, alors qu'elle en est souvent la conséquence.
Nous avons tendance à croire que la motivation est le point de départ de toute réussite. Qu'il faut d'abord ressentir une envie forte, une énergie particulière ou une détermination sans faille avant de commencer à agir.
Cette croyance est tellement répandue qu'elle pousse de nombreuses personnes à repousser leurs projets, leur pratique sportive ou leurs changements d'habitudes en attendant « le bon moment ».
Pourtant, lorsque l'on observe la réalité du terrain, qu'il s'agisse de sport, d'entrepreneuriat ou de développement personnel, on constate souvent l'inverse : la motivation n'est pas ce qui déclenche l'action. Elle est ce qui en découle.
Le mythe de la motivation permanente
Lorsque nous regardons une personne sportive, disciplinée ou accomplie, nous imaginons souvent qu'elle possède quelque chose que nous n'avons pas. Nous pensons qu'elle est naturellement motivée, qu'elle se lève chaque matin avec l'envie de s'entraîner ou de travailler sur ses objectifs.
La réalité est bien différente.
Même les personnes les plus régulières connaissent des périodes de fatigue, de doute ou de démotivation. Elles ont parfois envie de rester au lit plutôt que d'aller courir. Elles préféreraient annuler leur séance plutôt que de la maintenir. Elles remettent elles aussi certaines tâches au lendemain. Même moi, coach sportif depuis 13 ans.
La différence ne réside pas dans leur niveau de motivation, mais dans leur capacité à agir malgré son absence.
Attendre d'avoir envie pour commencer revient souvent à rester immobile. Car l'envie est une émotion fluctuante. Elle dépend de notre humeur, de notre niveau d'énergie, de notre environnement et même parfois de la météo. Construire ses habitudes uniquement sur cette base revient à confier ses résultats à quelque chose d'instable.
Pourquoi notre cerveau préfère l'inaction
D'un point de vue biologique, cette tendance est parfaitement logique. Notre cerveau est conçu pour économiser l'énergie. Pendant des milliers d'années, la survie dépendait de notre capacité à préserver nos ressources physiques lorsque cela était possible.
Face à un effort, même bénéfique, notre cerveau perçoit d'abord le coût immédiat : la fatigue, l'inconfort, le temps investi ou l'énergie dépensée. En revanche, les bénéfices sont souvent lointains et abstraits.
Lorsque vous décidez d'aller faire une séance de sport, votre cerveau ne voit pas immédiatement l'amélioration de votre condition physique dans plusieurs mois. Il voit simplement l'effort à fournir maintenant.
C'est précisément pour cette raison que commencer est souvent l'étape la plus difficile.
Le déclic se produit pendant l'action
Si vous pratiquez une activité physique régulièrement, vous avez probablement déjà vécu cette situation : avant de partir, vous manquez d'envie, vous trouvez des excuses, vous négociez avec vous-même, puis vous décidez malgré tout de commencer.
Les premières minutes sont parfois laborieuses. Le corps semble lourd, l'esprit encore ailleurs. Pourtant, progressivement, quelque chose se met en place. La respiration se régularise, les muscles se réchauffent et l'attention se focalise sur l'instant présent.
À la fin de la séance, une sensation de satisfaction apparaît. Vous êtes heureux d'avoir tenu votre engagement. Vous ressentez davantage d'énergie qu'avant d'avoir commencé. Vous vous dites même parfois que vous auriez regretté de ne pas être venu.
C'est à cet instant que l'on comprend que la motivation n'était pas nécessaire pour démarrer. Elle est apparue parce que l'on a démarré.
Les résultats visibles arrivent toujours après les efforts invisibles
L'une des principales raisons pour lesquelles les gens abandonnent est que les bénéfices du changement mettent du temps à se manifester.
Une séance de sport ne transforme pas un corps.
Une alimentation équilibrée pendant quelques jours ne modifie pas durablement une silhouette.
Une semaine de nouvelles habitudes ne change pas une vie.
Les résultats visibles sont le produit d'actions répétées qui, prises individuellement, semblent parfois insignifiantes.
Cette réalité est frustrante dans une société qui valorise l'immédiateté. Nous voulons voir rapidement les effets de nos efforts. Pourtant, les changements les plus importants fonctionnent selon une logique d'accumulation.
Chaque séance améliore légèrement votre condition physique.
Chaque sortie à vélo développe un peu plus votre endurance.
Chaque choix cohérent avec vos objectifs renforce votre confiance en vous.
Sur le moment, ces progrès paraissent imperceptibles. Mais leur accumulation finit par produire des transformations profondes.
La discipline comme moteur durable
Si la motivation est variable, sur quoi peut-on s'appuyer pour avancer ?
La réponse se trouve dans la discipline.
Contrairement à ce que l'on croit parfois, la discipline n'est pas une forme de rigidité ou de privation. C'est simplement la capacité à respecter les engagements que l'on a pris envers soi-même, même lorsque l'envie n'est pas présente.
La discipline permet d'agir les jours où tout semble facile, mais surtout les jours où rien ne nous pousse à le faire.
C'est elle qui crée la régularité. Et c'est cette régularité qui produit les résultats.
Paradoxalement, plus nous agissons avec constance, plus nous ressentons ensuite de motivation. Chaque action réalisée renforce le sentiment d'être capable. Chaque petite victoire nourrit la suivante. Un cercle vertueux se met alors en place.
Commencer avant d'être prêt
Beaucoup de personnes attendent de se sentir prêtes avant de commencer. Elles veulent être motivées avant de faire du sport, confiantes avant de lancer un projet ou organisées avant de changer leurs habitudes.
Mais l'expérience montre que ces états d'esprit ne précèdent pas l'action. Ils en sont souvent la conséquence.
On devient plus confiant en agissant.
On développe sa discipline en pratiquant.
On construit sa motivation en accumulant des preuves que l'on est capable d'avancer.
La prochaine fois que vous attendrez de ressentir l'envie parfaite pour commencer quelque chose, rappelez-vous que cette envie n'arrivera peut-être jamais.
En revanche, une simple action, même imparfaite, peut suffire à déclencher la dynamique que vous recherchez.
La motivation n'est pas toujours le point de départ du changement. Très souvent, elle est la récompense que l'on reçoit après avoir eu le courage de faire le premier pas.
Alors, quand est-ce-que tu commences ? :-)
Justine
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